Les échelles de mesure

Introduction

Une échelle de mesure est un ensemble de gradations permettant d’attribuer une valeur attendue à une question. L’utilisation d’une échelle de mesure pour obtenir une réponse à une question oriente le répondant sur les nuances souhaitées à sa réponse et permet d’avoir une information facile à traiter. Cependant, le choix d’une échelle de mesure a des conséquences multiples sur les résultats (possibilités d’analyse de données, limite de l’information, interprétation des résultats, etc.). Pour faire un choix éclairé, il est important de considérer certains éléments. Ainsi, l’échelle de mesure doit :

  • permettre au répondant d’exprimer adéquatement son opinion;                          
  • être conviviale pour le répondant (simple, facile d’utilisation, permettant de faire un                   choix rapide, etc.);                            
  • produire des mesures de qualité (exactes et minimisant l’erreur de mesure);                            
  • permettre de réaliser les analyses nécessaires à l’atteinte des objectifs de la recherche
  • produire les indicateurs de résultats désirés;                           
  • permettre des comparaisons avec des évaluations antérieures du service ou avec des services similaires (étalonnage).                

Ce guide pratique démontre donc les caractéristiques définissant les échelles de mesure, en plus de présenter, trois types d’échelle et quatre niveaux de mesure afin de faciliter la modélisation des questions et des choix de réponses lors de l’élaboration d’outils de collecte.

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Application

1.         Les caractéristiques des échelles  

Le choix d’une échelle de mesure bien adaptée pour une question suppose une adéquation parfaite entre l’information recherchée et le traitement qui en sera fait par la suite. Pour y arriver, il est important d’avoir une connaissance des caractéristiques de ces échelles. Cette section présente les cinq caractéristiques définissant toute échelle de mesure, soit :

  • le support;
  • la direction; 
  • l’équilibre;                  
  • le point de neutralité;                
  • le nombre de modalités.                

1.1          Le support de l’échelle  

Il y a trois catégories de support d’échelle : sémantique, numérique et mixte.  

1.1.1            Sémantique (ou verbal)

Une échelle à support sémantique est une échelle dont chaque modalité de réponse est représentée par un mot ou un groupe de mots. L’intérêt de l’échelle sémantique c’est qu’elle est plus facile à comprendre pour le répondant. Ce genre de support permet, comme résultat, d’établir la distribution des répondants selon les réponses.

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         1.1.2            Numérique

Une échelle à support numérique est une échelle où le répondant choisit un nombre parmi ceux qui lui sont présentés. Ce type de support permet de présenter un grand nombre de modalités de réponse (potentiel discriminant plus grand) et d’effectuer un traitement numérique des réponses.

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1.1.3            Mixte

Certaines échelles sont dites mixtes, car elles utilisent un support numérique et sont enrichies par un support sémantique qualifiant des gradations de l’échelle. L’utilisation du support sémantique se fait plus souvent aux extrémités de l’échelle.

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À surveiller

Le support sémantique facilite la compréhension de l’échelle par le répondant et l’interprétation des résultats, mais le nombre de modalités de réponse ne doit pas être trop élevé puisque le répondant peine à retenir plus de 5 ou 6 modalités de réponse.

Le support numérique est simple et facile d’utilisation. Il est interprété par le répondant de façon intuitive. Toutefois, le répondant peut interpréter l’échelle à l’envers et la signification d’une réponse peut varier d’un répondant à un autre.

Le support mixte offre autant les avantages que les inconvénients des supports précédents.

Cet axe concerne la mise en place de mécanismes de rétroaction rapide et en continu tels que les sondages en ligne, les groupes de discussion, les entrevues individuelles, les suggestions des employés et l’utilisation des outils du Web 2.0.   L’objectif de ces consultations est de disposer d’une information en temps réel de la satisfaction du client qui vient de recevoir un service afin d’ajuster rapidement tout service, existant ou nouveau, aux besoins exprimés par les clients. Ces consultations s’intègrent à tout besoin d’affaires et aux grands projets corporatifs. Elles permettent de recueillir les commentaires de tous les acteurs concernés à l’interne et à l’externe.  

1.2          La direction  

Il y a deux possibilités de direction de l’échelle : unidirectionnelle ou bidirectionnelle.  

         1.2.1            Unidirectionnelle

Une échelle unidirectionnelle progresse dans une seule direction. Elle part d’un point de référence et progresse dans un seul sens.

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         1.2.2            Bidirectionnelle

On dit que la direction est bidirectionnelle si l’échelle progresse dans deux directions opposées. Quand on oppose deux pôles (p. ex. insatisfait et satisfait), l’échelle est bidirectionnelle.

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  1.3          L'équilibre  

Deux possibilités s’offrent aussi pour l’équilibre de l’échelle : symétrique ou asymétrique. Notons que l’équilibre d’une échelle s’applique uniquement lorsque celle-ci est bidirectionnelle.  

         1.3.1            Symétrique

On dit que l’équilibre de l’échelle est symétrique lorsque le nombre de modalités est égal dans les deux directions (p. ex. : autant de points positifs que négatifs).

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         1.3.2            Asymétrique

On dit que l’équilibre de l’échelle est asymétrique lorsque le nombre de modalités est différent dans les deux directions de l’échelle (p. ex. : 2 points négatifs et 4 points positifs).

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  1.4          Le point de neutralité  

On dira qu’une échelle bidirectionnelle possède un point de neutralité lorsqu’une modalité permet au répondant de ne pas prendre position. En insérant un point de neutralité, on permet plus de nuances au répondant et les réponses ne sont pas forcées. Toutefois, pour les questions qui demandent un plus grand effort de réflexion ou une implication morale, l’ajout d’un point de neutralité peut inciter le répondant à ne pas se positionner. De plus, si une proportion significative de répondants l’utilisent par facilité comme un refuge au lieu de répondre adéquatement, le point de neutralité peut influencer les résultats.  

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1.5          Le nombre de modalités  

Le nombre de modalités des échelles les plus usuelles est de 4, 5, 7, 10 et 11 points. Au-delà de 5 modalités, les échelles sont généralement à support numérique ou mixte, car il devient difficile de trouver les « mots » adéquats pour chacune des modalités. Une échelle avec beaucoup de modalités permet au répondant d’être plus discriminant dans sa réponse, mais lui demande un effort de nuance plus important. À l’opposé, une échelle comptant peu de modalités, même si elle est plus simple à utiliser, fournit une information moins précise.    

2.         Les types d’échelle  

2.1          Échelle de Likert  

L’échelle de Likert permet au répondant d’indiquer son degré d’accord ou de désaccord à l’égard d’une affirmation (énoncé). À l’origine, elle était utilisée lors de tests psychométriques; elle comptait cinq modalités et était à support sémantique :  

  • Pas du tout d’accord
  • Pas d’accord                  
  • Ni en désaccord, ni d’accord                        
  • D’accord                      
  • Tout à fait d’accord                

Aujourd’hui, ce genre d’échelle a évolué et on trouve des échelles de Likert à 4, 5, 7 ou 10 modalités,le nombre de modalités permettant de nuancer le degré d’accord.Souvent, les échelles de Likert avec plus de cinq modalités utilisent des supports numériques ou mixtes.  

Lors du traitement, les réponses peuvent être codées selon le nombre de modalités dans l’échelle. À chaque réponse, on peut attribuer une valeur numérique, ce qui permet de calculer la moyenne et l’écart-type. L’avantage des échelles de « type Likert » est leur simplicité d’utilisation tant pour le répondant que pour la personne qui doit concevoir l’instrument de mesure (le questionnaire).  

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2.2          Échelle sémantique différentielle  

Une échelle sémantique différentielle permet de recueillir une opinion lors d’une enquête en faisant prendre une position à la personne interrogée par rapport à des mots de sens opposés.  

Il s’agit d’une échelle bidirectionnelle avec un nombre de modalités impair (2n+1). L’échelle est codée de -n à +n avec un point de neutralité (0) au centre. Aux deux extrémités, on place les adjectifs contraires (p. ex. : insatisfait et satisfait). Pour l’analyse des données, l’échelle peut être recodée de 1 à 2n+1.  

Les échelles sémantiques différentielles sont plus difficiles à concevoir, car elles exigent de trouver de parfaits antonymes.  

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2.3          Échelle de Stapel

L’échelle de Stapel tient son nom de son créateur, Jan Stapel, et se compose de 10 catégories de réponses. Les répondants peuvent ainsi choisir un chiffre allant de -5 à +5 correspondant à leur évaluation de la question. C’est une échelle en 10 points, donc il n’y a pas de point de neutralité. L’échelle est présentée de façon verticale. Leterme évalué est situé au centre de l’échelle et le répondant doit indiquer la direction et l’intensité de son attitude, de sa perception ou de son sentiment. Il s’agit d’une variante unipolaire de l’échelle sémantique différentielle.  

L’échelle de Stapel est plus difficile à utiliser pour le répondant et elle est déconseillée pour les enquêtes téléphoniques.  

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3.         Le niveau de mesure des échelles  

Pour toutes les échelles, on peut trouver le niveau de mesure. Il y en a quatre :

  • nominale;                    
  • ordinale;                  
  • intervalle;                 
  • rapport.                

Le niveau de mesure de données qualitatives est une échelle nominale ou ordinale. Les données quantitatives, pour leur part, ont un niveau de mesure d'intervalle ou de rapport.  

3.1          L’échelle nominale

Cette échelle possède une propriété : l’identification. L'échelle nominale comporte un certain nombre de modalités, dont les caractéristiques sont de couvrir l’ensemble des réponses possibles et d’être toutes différentes les unes des autres (p. ex. : sexe, nationalité, type de diplôme, etc.). Si des nombres sontassociés aux modalités de réponse de l’échelle, ils n’ont aucune signification.  

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3.2          L’échelle ordinale  

Cette échelle possède deux propriétés : l’identification et l’ordonnancement. Il est toujours possible pour cette échelle d’établir le rang des modalités. Les modalités qui composent une échelle ordinalesont munies d'une structure d'ordre établie en fonction d'un critère donné. Par exemple, sur une échelle de satisfaction sémantique en 4 points, les chiffres 1 à 4 n’ont aucune autre signification que d’indiquer un rang (p. ex. : la scolarité).  

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3.3          L’échelle d'intervalle  

Cette échelle possède trois propriétés : l’identification, l’ordonnancement et l’égalité des intervalles. C’est une échelle métrique dont le zéro est fixé arbitrairement. Dans cette échelle, un zéro ne correspond pas à une « absence de la variable d’intérêt » et les nombres qui y sont associés ont une signification (p. ex. : la température : le zéro correspond au point de congélation de l’eau et non pas à l’absence de température). Cette échelle permet de déterminer l’intervalle entre les observations et de comparer ces intervalles. Il est ainsi possible de déterminer si deux intervalles sont ou ne sont pas de même étendue.  

L’échelle d’intervalle permet également de calculer des statistiques (moyenne, écart-type, etc.) et différentes méthodes d’analyse peuvent être utilisées pour traiter les données. Plus il y a de modalités dans l’échelle, plus les données collectées grâce à cette échelle se rapprochent d’une variable aléatoire continue. 

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3.4          L’échelle de rapport  

L’échelle de rapport permet non seulement la comparaison d'intervalles (comme l’échelle d’intervalle), mais également la comparaison de rapports. Il est donc possible de déterminer si deux rapports sont ou ne sont pas égaux. Cette échelle diffère essentiellement de l’échelle d’intervalle par le fait que le zéro, dans cette échelle, correspond à une « absence de la variable d’intérêt ». C’est la correspondance entre le zéro et « l’absence de la variable d’intérêt » qui permet le calcul de ces rapports (p. ex. : le nombre d’heures d’étude pour un examen est mesuré à l’aide d’une échelle de rapport parce que zéro heure d’étude correspond à une absence d’étude).  

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À surveiller

Le choix d’une échelle de mesure doit se faire en fonction des enjeux et des objectifs de l’enquête. Les principales qualités d’une échelle de mesure sont les suivantes :

-          Facilité de compréhension

-          Signification univoque pour l’ensemble des répondants

-          Simplicité de réponse

-          Fiabilité et validité de l’échelle

-          Minimisation des biais

-          Sensibilité permettant de mesurer les évolutions 

-          Possibilité de discrimination des opinions

-          Facilité de communication des résultats

-          Possibilité et facilité d’établir des cibles et des indicateurs

-          Possibilité et facilité de traitement statistique des résultats

-          Possibilité d’étalonnage

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Exemples

Caractéristiques des échelles  

Support d'échelle sémantique

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Support d'échelle numériqueCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.   

 

Support d'échelle mixteCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.   

 

Direction de l'échelle : unidirectionnelleCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.                    

Direction de l'échelle : bidirectionnelleCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.     

Équilibre de l'échelle : symétriqueCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.     

Équilibre de l'échelle : asymétriqueCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.     

Échelle sans point de neutralitéCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.     

Échelle avec un point de neutralitéCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.       


Types d’échelle  

 Échelle de LickertCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.     

 Échelle sémantique différentielleCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.     

Échelle de Stapel

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Niveaux de mesure des échelles  

Échelle nominaleCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.   

  Échelle ordinale

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Échelle d'intervalle

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  Échelle de rapportCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre.   

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Références

Livres :

Yves Évrard, Bernard Pras, Élyette Roux, Market : études et recherches en marketing, Dunod, 2000.

Daniel Ray, Mesurer et développer la satisfaction clients, Éditions d’organisations, 2002.

Marc-André Nadeau, L’évaluation de programme : Théorie et pratique 2e édition, Les Presses de l’Université Laval, 1988.

Internet :

·          http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chelle_de_Likert

·         Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. http://www.definitions-marketing.com/Definition-Echelle-semantique-differentielle

·         Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. http://www.irdp.ch/edumetrie/lexique/echelle.htm

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