Le taux de réponse

Introduction

Le taux de réponse est une information-clé sur la qualité d’un sondage ou d’une enquête et sur la représentativité de la population visée par les répondants. Le calcul du taux de réponse n’est pas simplement le nombre de répondants divisé par la taille d’échantillon initial. Il tient en effet compte aussi de l’admissibilité des personnes contactées et de celles qu’il n’a pas été possible de joindre.

Deux méthodes de calcul du taux de réponse sont particulièrement utilisées. Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. L’Association de la recherche et de l’intelligence marketing (ARIM) les explique en détail sur son site Internet et les identifie comme les méthodes estimative et empirique pour le calcul du taux de réponse. La méthode estimative est habituellement utilisée par les organismes officiels de statistique tels que Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. Statistique Canada ou Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. l’Institut de la statistique du Québec. La méthode empirique, qui reflète mieux les efforts consacrés à la collecte de données, est généralement préférée par les firmes de sondage.

Le taux de réponse ne peut pas à lui seul faire foi de la qualité d’une collecte de données. Ainsi, même avec un taux de réponse très élevé, il est possible que les répondants ne soient pas représentatifs de la population visée si, par exemple, l’échantillon initial est mal réparti selon des caractéristiques de la population. Par contre, il est certain que plus le taux de réponse est bas, plus le risque de biais est élevé. Donc, bien qu’il soit très important de vérifier le taux de réponse d’un sondage, ce dernier n’est pas le seul indicateur de la qualité des résultats.

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Applications

Le schéma suivant illustre la catégorisation des unités de l’échantillon initial en vue du calcul du taux de réponse. Pour les catégories identifiées par des lettres, des exemples de cas sont détaillés dans le tableau 1. Ces catégorisations ne sont toutefois pas exhaustives.

L’organisme américain Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. AAPOR (American Association for Public Opinion Research) a rédigé un document sur le calcul du taux de réponse en tenant compte des divers modes de collecte : postal, téléphonique, face à face, Internet. Toutes les raisons de non-réponse y sont énumérées et un fichier Excel est disponible pour le calcul du taux de réponse. Ce document est mis à jour régulièrement.

Schéma 1
 Catégorisation des unités de l’échantillon initial

 

Tableau 1
 Exemples de codes de réponse selon le type de sondage

 
           

 

À surveiller

 Certains codes de réponse, comme par exemple « Refus du ménage » ou « Répondeur », peuvent, selon l’enquête,être classés dans les unités non-résolues ou dans les non répondants selon que l’admissibilité de la personne sélectionnée est connue à l’avance ou non. 

 


Le calcul du taux de réponse peut être fait avec différentes combinaisons des catégories présentées dans le tableau 1.

Selon Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. Statistique Canada et lCe lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. 'Institut de la statistique du Québec, la formule générale du calcul du taux de réponse est celle correspondant à la formule estimative de l'ARIM qui se calcule comme suit :

 

La formule empirique de l’Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. ARIM est aussi régulièrement utilisée, particulièrement par les firmes de sondage. Ce taux permet d’inclure au numérateur des unités non-admissibles et ainsi d’augmenter le taux de réponse pour refléter non seulement la qualité de la collecte mais aussi les efforts qui y sont consacrés. Les unités non-admissibles sont des gens qui ont été contactés dans le cadre du sondage mais qui ne faisaient pas partie de la population visée. Cette formule s’exprime comme suit :

 

L’utilisation de la formule empirique, si elle reflète adéquatement les efforts investis par la firme de sondage pour mener l’enquête, surestime la qualité réelle de l’échantillon final. Dans le cas où le sondage est mené à partir d’un échantillon de clients fournis par l’organisme qui commande l’étude, l’écart est beaucoup plus faible sinon inexistant puisqu’il devrait y avoir très peu de cas inadmissibles. L’échantillon fourni à la firme contient habituellement des cas connus comme étant admissibles. Par contre, dans le cas de sondages auprès de la population, particulièrement si l’étude vise une clientèle précise (familles avec enfants de moins de 18 ans, personnes âgées de plus de 30 ans, propriétaires, …), l’écart entre la formule estimative et la formule empirique pourra être très grand.

À surveiller

Si on a des indications à l’effet que les unités non-résolues (pas de réponse, ligne en dérangement, …) pourraient présenter un nombre important d’unité non admissibles, il est possible d’ajuster ce facteur (nombre d’unités non-résolues) dans le calcul du taux de réponse en appliquant le taux d’admissibilité observé parmi les unités résolues à l’ensemble des unités non-résolues.

Corriger le taux de réponse pour tenir compte du taux d’admissibilité dans les unités non résolues permet de diminuer le dénominateur en reconnaissant que si les unités non résolues avaient pu être jointes, certaines d’entre elles auraient de toutes façons été exclues du calcul parce non admissibles. Cela se fait en remplaçant dans l’équation le nombre d’unités non résolues (C) par l’estimation du nombre d’unités non résolues admissibles c’est-à-dire C multiplié par le taux d’admissibilité qui se calcule comme suit : 

À surveiller

Il arrive parfois, selon les caractéristiques propres à une enquête, que le calcul du taux de réponse se fasse d’une manière différente de celles présentées ici. Avant d’utiliser les résultats d’un sondage, il est important de connaître le taux de réponse et de vérifier la façon dont il a été calculé. Dans certains cas, lorsque le taux est faible et que le risque de biais est important, il pourra être nécessaire de faire une analyse de la non-réponse avant de finaliser la pondération des résultats.

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Exemples

Soit un échantillon initial (A) de 1 000 unités, toutes valides, réparties comme suit :

 

  Le taux d’admissibilité est alors :

 

  Le taux de réponse selon la formule estimative de l’Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. ARIM :

 

Et corrigé pour tenir compte du taux d’admissibilité :

 

 

 

Le taux de réponse selon la formule empirique de l’Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. ARIM :

 

Et encore là, corrigé pour tenir compte du taux d’admissibilité :

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Références

  • American Association for Public Opinion (AAPOR), Standard Definitions ? Final Dispositions of Case Codesand Outcome Rates for Surveys, 2009
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  • Association de la recherche et de l’intelligence marketing (ARIM), Normes – Formule du calcul du taux de réponse, (page consultée le 20 mai 2011), [en ligne]. 
    Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. Lire la suite
  • Institut de la statistique du Québec, Gestion de la qualité ? Document de principes sur la qualité dans les enquêtes, septembre 2010       
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  • Statistique Canada, 2003, Méthodes et pratiques d’enquête, No 12-587-X.       
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  • Statistique Canada , 2009, Recueil des conférences,Symposium 2008 sur la Collecte des        données :défis, réalisations et nouvelles orientations.       
    Ce lien ouvre un site externe dans une nouvelle fenêtre. Lire la suite
  • Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, Comité consultatif sur la qualité des        sondages d’opinion publique par téléphone – Rapport final, mars 2007       
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  • Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, Normes pour la recherche sur l'opinion publique effectuée par le gouvernement du Canada - Sondages téléphoniques, novembre 2009
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